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Sommaire

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Raymond Cauchie
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Maurice Durchon
F-
Myrna Fernandez
G-
Christian Ghestem
H-
Hubert Huyghe
M-
Norredine Mahammed
Christian Maizières
Michel Migeon
Michel Moriamez
R-
Jean Rousseau
S-
Jean Schiltz

FIGURES ET ACTEURS
DE L'UNIVERSITE DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES DE LILLE

Jean SCHILTZ
( 1917 - 1993 )
par le bureau de l'ASA
Jean SCHILTZ

Nous avons eu la douleur de perdre l'an dernier notre Collègue Jean Schiltz, qui a été l'un des fondateurs de l'A.S.A. - USTL, et siégeait à son Conseil d'Administration. Né le 28 mars 1917 à Rennes où sa famille s'était réfugiée à cause de la guerre, il a passé son enfance dans les Ardennes, et fait ses études à Charleville, Valenciennes, puis à Lille. En 1935, il entre, à 18 ans, à l'Ecole Normale Supérieure et devient Agrégé de Physique en 1939.

Sa carrière scientifique naissante est brutalement interrompue par la guerre. Mobilisé dès le 16 septembre 1939 dans la DCA, il est fait prisonnier à Dunkerque le 4 juin 1940.

En 1941, il est transféré dans le camp d'aspirants de Stablack. Il participe activement à la création de l'Université du camp placée sous l'autorité du Recteur Mazet, et y fait des cours très appréciés tout en entretenant le moral de ses camarades par son entrain et son esprit frondeur.

Libéré par les Russes en avril 1945, il rentre en France fin Juin.

A la rentrée de 1945, il peut enfin occuper l'emploi d'Agrégé préparateur de Physique à l'E.N.S. qui lui avait été proposé en 1939.

En avril 1947, il épouse Anne-Marie REGNIER, sévrienne agrégée de mathématiques, qu'il avait rencontrée chez Marc ZAMANSKY. En octobre de la même année, il devient Chef de Travaux à la Faculté des Sciences de Lille où l'a appelé J. ROIG, Directeur de l'Institut de Physique. Il est amené à y assurer de lourdes charges d'enseignement (travaux pratiques et travaux dirigés de Physique Générale, cours de SPCN et de PCE, préparation du CAPES et de l'agrégation), auxquelles vient s'ajouter rapidement la régie du Laboratoire. Ne pouvant poursuivre à Lille les recherches qu'il avait entamées à Paris, faute de temps et de matériel, il change d'orientation et soutient en 1962 une thèse remarquée sur les spectres optiques des composés de l'or et des alcalino-terreux.

Il est aussitôt nommé chargé d'enseignement à la Faculté ; en 1963, il devient maître de conférences titulaire ; en 1964, professeur sans chaire ; en 1965, professeur à titre personnel. Son activité d'enseignement reste importante (cours d'optique moderne et original, DEA de spectrométrie expérimentale). En même temps, il introduit à Lille une recherche en spectrométrie expérimentale et théorique qui le fait devenir, en 1968, directeur du laboratoire de spectroscopie des molécules diatomiques : laboratoire associé au C.N.R.S.

Malgré la multiplicité de ses occupations, il ne borne pas ses intérêts aux questions professionnelles. Une foi profonde, et le souvenir des épreuves passées, l’ont rendu très attentif aux problèmes de la vie quotidienne et aux questions sociales. Dans l'Université, il est à l'origine de la création du CESFASCIL (Comité d'Entraide Sociale de la Faculté des Sciences de Lille), dont il sera longtemps le Président, et qui viendra en aide aux personnels en difficulté tout en contribuant au resserrement des liens entre les diverses catégories.

En 1968, son engagement syndical au SGEN, comme l'attention qu'il a toujours portée aux problèmes des personnels de toute catégorie et des étudiants, le font s'investir résolument en faveur de la rénovation et de la démocratisation de l'Université. Il participe activement aux manifestations et aux interminables débats qui ont caractérisé cette époque. Dès la création de l'Université des Sciences et Techniques de Lille en 1970, il s'implique dans sa gestion, d'abord comme Président de la Commission des Finances, puis comme membre de la direction collégiale mise en place en l973 où il a également la responsabilité des questions financières. Il y fait preuve des mêmes qualités de rigueur, de méticulosité, du même souci des intérêts de l'Université que dans la gestion des laboratoires dont il a eu la charge.

En 1977, il prend sa retraite sans pour autant s'éloigner de l'Université où on le revoit encore fréquemment. Il peut, dès lors, consacrer le plus clair de son temps à l'action sociale, notamment au Comité Lillois du Secours Populaire Français.

En 1988, le Recteur DEBEYRE lui remet la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur, rendant ainsi hommage aux services rendus à son pays et à l'Université.

Depuis quelque temps, il souffrait de la hanche et une intervention chirurgicale était devenue nécessaire. Elle a lieu en novembre 1992 ; malgré son succès apparent, elle déclenche une crise d'hypertension sévère, puis une hémorragie cérébrale qui l'a laissé quasi aveugle et temporairement paralysé. Hospitalisé jusqu'à la veille de Noël 1992 puis dès le début de 1993, il s'éteint paisiblement le 3 janvier de cette même année.

Ses obsèques le 9 janvier en l'Eglise Saint Michel ont donné l'occasion à ses collègues et à ses amis, dont de nombreux anciens camarades de captivité, de manifester à Madame SCHILTZ et à ses six enfants, T'estime et l'affection qu'ils lui portaient et l'émotion que sa disparition avait causée.