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JOUR 18 ( 3 avril )

vendredi 3 avril 2020

JOUR 18 (vendredi 3 avril)

Au programme d’aujourd’hui :

  • Chronique d’une épidémie à Lille sous Louis XIV (suite et fin) par André Dhainaut
  • Mots croisés No 15 d’Yves
  • Ecrivains confinés par François Xavier et Monique Sauvage
  • Remue-méninges No 13 par Marc Obled
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  • Chronique d’une épidémie à Lille sous Louis XIV (suite et fin)

par André Dhainaut

La précédente édition étant incomplète, voici la version intégrale de l’article.
Nous demandons à André de nous excuser !!

La peste et les épidémies ont malheureusement frappé les hommes de tout temps. Du 13ème au 20ème siècle, une quinzaine d’épisodes de peste plus ou moins graves ont été enregistrés à Lille. A noter que le terme de peste a sans doute été employé abusivement ; toutes les maladies épidémiques avaient tendance à être désignées sous ce nom de peste. Il a été prouvé que la Grande peste du Moyen-Age (1347-1352) avait été provoquée par le bacille (bactérie) Yersina pestis1 mais , Il y eut dans doute des « pestes » d’origine virale. Toutefois, comme les agents pathogènes n’étaient pas connus, il faut attendre la Grippe espagnole de 1918 pour l’attribuer avec certitude à un virus.

Pour la peste de 1667, écoutons le bon Jean de la FONTAINE dans sa célèbre fable : Les Animaux (traduire les hommes ) malades de la peste :
Un mal qui répand la terreur /Mal que le ciel en sa fureur/Inventa pour punir les crimes de la Terre/ La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom) /Capable d’enrichir en un jour l’Achéron / Faisait aux animaux la guerre.

Une première notion se dégage à la lecture ; celle de la malédiction divine (« le ciel en sa fureur  »). Cette idée est encore très vivace au 17ème siècle : la maladie est une punition méritée pour les péchés commis. En corollaire, les patients atteints ne méritent guère de considération et doivent être traités avec rigueur. Heureusement les meurs ont évolué et aujourd’hui, même si la médecine, malgré ses progrès, n’est pas encore toute puissante, les malades bénéficient d’empathie et de soins.

Je vais vous présenter comment la peste a été vécue à Lille en 1667-1668. Les événements ont été racontés par un brave ouvrier lillois, sayetteur (tisserand) de son état qui vécut de 1663 à 1693 ( ?).

Il s’agit de Pierre-Ignace SAVATTE qui a tenu un journal dans lequel il rapporte la vie lilloise au jour le jour. Ses écrits ont été étudiés par l’Historien Alain LOTTIN († 2017) qui fut président de l’Université d’Artois.2 L’épidémie a pris naissance en Europe du Nord et a gagné la France via l’Angleterre. Elle atteint la ville de Lille en octobre 1667 (Louis XIV est arrivé à Lille en août) ce qui va obliger le Magistrat de la ville à prendre un certain nombre de mesures. Ces dernières ne sont pas sans évoquer la situation actuelle :

Ségrégation et retranchement de la vie courante3 Toute personne en contact avec des malades ou qualifiée d’infectée sera tenue de porter une verge blanche à la main. Il lui sera interdit d’aller à la boucherie, au marché au poisson, etc. Il est formellement interdit à toute personne infectée de rentrer en contact avec une personne saine. Les pestiférés doivent rester cloitrés chez eux «  ils pourront seulement prendre leur rafraichissement d’air sur les remparts en s’y acheminant par les plus courtes voies et ce jusqu’à 8 heures du matin et depuis 4 heures de l’après-midi « (C’était l’inverse du couvre-feu actuel !).
Le 29 octobre1667, les messieurs du magistrat ont fait crier de ne plus faire aller aux écoles, ni les enfants ni les étudiants et de ne plus faire d’offices.

Habitation des pestiférés. Les maisons où quelqu’un sera décédé du dict mal contagieux seront incontinent closes et fermées par la mise en travers de bandes blanches.

Contrôles, et sanctions. Un contrôle rigoureux est mis en place. Il est décidé de mettre, pour toutes les rues et endroits de la ville, des personnes pour exactement et avec diligence faire observer ponctuellement les articles.

1 De Yersin (Alexandre Yersin (1863-1943) découvreur de la bactérie responsable de la peste
2 Vie et mentalité d’un lillois sous Louis XIV 1968. E. Raoust, édit. Lille (443 p.)
3 Les citations du texte ce Chavatte ont été retranscrites le plus souvent en français actuel


La deuxième partie où on commence à parler de la fin (du confinement ?)

Désobéissances Le Magistrat déplore que ces conditions draconiennes ne sont pas strictement observées et que certains font sauter les barres blanches avant la fin de la quarantaine. Il est constaté « que des personnes considérées comme infestées se promènent et vont journellement et à tout heure du jour parmi cette ville et en toutes les rues s’arrêtant et communiquant avec les non infectés ».

Sanctions Les messieurs du magistrat ont fait élever un hour (équivalent d’un pilori) devant la maison de ville pour punir les pestiférés qui sortiront de leur maison. Ce lieu de supplice sert rapidement : «  ce 23 jour de décembre furent battus un homme et une femme de verges pour causes qu’ils étaient venus à Lille sans leur blanc bâton ».

Des mesures brutales : Edit du Magistrat (29 mars 1668) : Ordre est donné de « tuer toutes sortes de bêtes comme chiens, chats, puoilles, coulombes et autres bestes »
Le 5 novembre, ordre est donné par le gouverneur de la ville, le maréchal d’Humière de faire sortir de la ville toutes les personnes qui seront attaquées de la peste et même tous ceux qui se trouveront dans les maisons infectées. Les messieurs du Magistrat font proclamer à son de trompe que les infectés, aussi bien les riches que les pauvres doivent aller tous au Riez 4 ou à des hobettes (abris) et fermer leur maison.

La fin de la peste. L’hiver 1668-1669 voie décliner l’épidémie. En août 1669, le Magistrat décide « une procession générale pour remercier nostre bon Dieu pour sa grande miséricorde et ait délivrez ceste ville de la maladie contagieuse  » (ce qui représente quand même près de 2 ans d’activité de celle-ci !). En janvier 1670, le gouverneur Le Peletier écrit à Louvois « quant à la peste, il n’y en a, dieu merci, plus du tout dans cette ville ni à celle de Tournai, suivant les derniers avis que j’ai reçu, à Douai, il y a encore 5 à 6 maisons infectées ».

J’ignore si des recherches ont permis, d’après les symptômes (non décrit par CHAVATTE) de préciser si l’épidémie a été de nature virale ou bactérienne. Si on analyse le déroulement de l’épidémie, d’après les courriers et édits, on constate un déclenchement violent à partir d’octobre 1667 et une activité restant élevée en novembre 1668, soit environ une année après. Il s’écoule près de deux ans avant la disparition totale. On ne peut pas extrapoler ces données à la situation actuelle : le mode de transmission de la maladie n’est pas connu. Toutefois, il n’est jamais question de rats ou de puces de rats comme dans le cas de la peste bubonique. Une suspicion de transmission par les animaux domestiques n’est évoquée que tardivement (mars 1668). On notera enfin qu’il est particulièrement question des ravages de la maladie pendant les mois d’hiver, beaucoup moins durant l’été.

4 Le Riez de Canteleu était un terrain d’environ 50 hectares situé à la sortie de Lille entre la route d’Armentières (actuelle rue de Dunkerque) et une boucle de la Haute-Deûle. Un lazaret y avait été construit dès 1460 ; les baraques en bois ayant été remplacées en 1648 par 200 hubettes (abris, petite maison) maçonnées. En dehors des périodes d’épidémie, le Riez servit également de lieu de pâturage.
En venant de Lille et en se dirigeant vers la Chaumine on peut apercevoir sur la gauche de l’Avenue de Dunkerque une petite chapelle, aujourd’hui désaffectée et qui relevait de la ladrerie du Riez. Ce bâtiment est le plus vieux vestige des maladreries de la métropole lilloise. Il avait été construit suite à une donation de Philippe le Bon obtenue en 1461 pour son édification (in Pôle Ressources du Patrimoine Hospitalier et Médical du Nord – en ligne).

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  • Mots croisés No 15 d’Yves
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  • Ecrivains confinés par François Xavier et Monique Sauvage

30 noms d’écrivains se cachent dans ce texte un peu original…
Allez-vous tous les retrouver ?

Confiné, il racontait ce qu’il ferait, une fois libre, d’ici un mois, dans ces eaux-là.
Ce moment semble si dur à surmonter… mais les mots, lierre de la pensée, permettent
De s’évader un moment, de laisser fuir ces maux passants.

Près de la fontaine dont les flots bercent l’oreille distraite, des oiseaux volent, terre, herbe
Et racines semblent endormis. Les oiseaux sont là, souverains, beaux, jeunes encore.
Une tribu goguenarde qui boit l’eau et la bénédiction du soleil qui couvre leur air novice.
Le rabot de l’air ne les épuise pas : ils n’en font cas, mus par la douceur du jour.
Mus, c’est le mot, mais sans mouvement : ils se posent, l’arbre vert ne bouge presque pas.
Du mât naturel, ils regardent au loin, plus ou moins anges, peu ou prou statues.
Braves bêtes, la becquée te les rend grands, mais où est le bec aujourd’hui ?

Le héros poursuit son chemin rêvé. Les ronces ardentes frôlent ses pieds.
Il avance, doucement, cherchant une aide, blonde, brune, rousse, au hasard.
Il a beau voir toute cette splendeur, il ne s’y trompe pas.
Il a beau marcher par l’esprit, il ne bouge en réalité pas.
C’est la force des poètes : se promener sans mouvement, sans de grands efforts.
Voir la vie en beau malgré tout, malgré les épreuves.
L’esprit est une gare : y passent mille idées qui s’enfuient et nous entraînent.
Toujours l’art a gonflé cette voile humaine, cette force : tenir bon, jusqu’au prochain voyage.

La solution un peu plus tard !

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  • Remue-méninges No 13 par Marc Obled


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