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Association de Solidarite´ des Anciens Personnels
de l'Universite´ de Lille

Hommage à Michel Lucquin

mardi 13 juillet 2021 par Jean-Pierre SAWERYSYN

 

Hommage à Michel LUCQUIN
le 16 septembre 2013

C’est au nom des membres du laboratoire de recherche qu’il a créé à l’Université Lille 1 – le laboratoire de chimie de la combustion, devenu depuis, le laboratoire de physicochimie des processus de combustion et de l’atmosphère (PC2A) – et au nom de l’Association de solidarité des anciens de l’Université Lille 1 – l’ASA dont il faisait partie, que je rends ce dernier hommage à notre collègue et ami, Michel Lucquin.

En leur nom, je voudrais également adresser à sa femme Nicole, ses enfants et ses petits-enfants, toutes nos sincères condoléances et les assurer de notre sympathie.

Après avoir obtenu en 1949, son diplôme d’ingénieur chimiste à l’École nationale supérieure de chimie de Paris – l’ENSCP – Michel prépara une thèse d’État à la Sorbonne au laboratoire de chimie générale du professeur Paul Laffitte. Sa thèse, dont les principaux résultats furent publiés en 1957, était consacrée à l’étude de la combustion des hydrocarbures saturés à basse température. Après sa thèse, il bénéficia d’un poste d’assistant au laboratoire de chimie générale.

Inscrit sur la liste d’aptitude à l’enseignement supérieur, il fut alors nommé maître de conférences à la Faculté des Sciences de Lille en octobre 1959. Dès son arrivée à Lille, il créa dans les locaux vétustes de l’Institut de chimie, rue Barthélemy Delespaul, un nouveau laboratoire de recherche dédié à la chimie de la combustion. Au cours des premières années, Michel continua à faire la navette entre Paris et Lille pour suivre les travaux de recherche réalisés à la Sorbonne sous sa responsabilité. À Lille, Michel a su très rapidement s’entourer de nombreux collaborateurs – enseignants-chercheurs et chercheurs du CNRS – pour développer son laboratoire. Michel était passionné par la recherche. Il savait avec aisance communiquer son enthousiasme sur les applications potentielles des phénomènes de combustion étudiés au laboratoire : par exemple, dans le domaine de l’énergie concernant le rôle des flammes froides dans les moteurs Diesel et les moteurs à allumage commandé, et dans le domaine de la valorisation chimique de l’oxydation ménagée des hydrocarbures, etc. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai – comme de nombreux collègues parmi lesquels se trouve le directeur actuel du PC2A, Jean-François Pauwels – intégré son laboratoire et je ne l’ai jamais regretté. Au cours de ses recherches sur les réactions d’oxydation de basse température des hydrocarbures, Michel Lucquin a mis en évidence un nouveau phénomène caractérisant la fin de la réaction d’oxydation de basse température qu’il appela « pic d’arrêt ». Ce phénomène a fait l’objet de nombreuses études dans son laboratoire. Michel était si fier de cette découverte qu’il attribua le nom de ce phénomène particulier à son chalet situé en Haute-Savoie, ce qui ne manque pas d’interpeller les visiteurs de passage.

Comme directeur de laboratoire, Michel savait être à l’écoute des problèmes de chacun. Il aimait les échanges d’idées et stimulait volontiers les controverses scientifiques entre ses collaborateurs. Ses qualités humaines étaient incontestables. Lors des premières nominations comme assistant délégué, il n’hésitait pas à avancer de l’argent pour pallier les retards pris dans les premiers versements de salaire. J’ai également le souvenir vivace des soirées qu’il organisa chez lui afin de mieux faire connaissance avec ses collaborateurs.

Durant l’année 1966-67, le laboratoire quitta ses locaux vétustes pour emménager dans des locaux plus vastes et modernes du nouveau campus scientifique de la Faculté des Sciences à Annappes. Grâce aux crédits alloués pour l’installation, le laboratoire prit un nouvel essor en diversifiant ses thématiques de recherche et ses équipements. En 1983, avec les efforts conjugués de Louis-René Sochet, le laboratoire fut associé au CNRS dans le cadre du département Sciences physiques pour l’ingénieur. Cette reconnaissance du CNRS fut le point de départ d’un développement prodigieux du laboratoire.

En tant que directeur de laboratoire, Michel a également contribué au rayonnement de son laboratoire sur le plan national et le plan international en participant au bureau de la Société chimique de France, à la création du Groupement français de combustion rassemblant tous les laboratoires français investis dans cette thématique afin de leur assurer une meilleure représentativité internationale. Il a également été élu au Comité consultatif des universités.

Michel Lucquin était un professeur très apprécié des étudiants. Il possédait de réelles qualités pédagogiques qui rendaient ses cours clairs et attractifs. Il avait le don de rendre simples certaines notions compliquées en chimie. Ses cours de chimie générale en 1er cycle et de cinétique en licence et maîtrise de chimie étaient toujours dispensés avec enthousiasme, ce qui donnait confiance aux étudiants et les incitait à venir préparer une thèse dans son laboratoire. De nombreuses années après son départ en retraite, les étudiants qu’il avait formés, ne manquaient jamais l’occasion de venir saluer l’éminent pédagogue qu’il avait été au cours de sa carrière de professeur.

Sur le plan administratif, Michel a été en 1967 le premier chef de département de chimie nommé par le doyen, sur proposition d’une assemblée de département. À ce titre, il a créé le secrétariat du département et organisé des réunions de concertations avec ses collègues en ce qui concerne les enseignements, l’installation des laboratoires sur le campus et la collaboration avec l’École de chimie. Bien qu’il soit convaincu de la nécessité d’une meilleure participation du collège B au fonctionnement du département et de l’université, les évènements de 1968 ont mis à mal son sens de la hiérarchie. Il quitta cette responsabilité avec quelques regrets.

Ses services rendus à l’université et son implication dans la recherche appliquée lui ont valu d’être officier des Palmes académiques et de recevoir en 1971 le grand prix Émile et Omer Bigo par la Société industrielle du Nord de la France.

Michel Lucquin a tenu à prendre sa retraite à 60 ans, afin de libérer son poste de professeur et permettre au laboratoire de prendre un nouvel essor avec Louis René Sochet, directeur de recherche au CNRS comme nouveau directeur. Michel resta plusieurs années professeur émérite au laboratoire. Il continua à s’intéresser à son développement sans toutefois y participer directement.

Inscrit à l’ASA, Michel aimait retrouver ses anciens collègues et participer volontiers aux manifestations organisées par notre association.

En février 2013, à la demande de l’ASA qui souhaitait recueillir les propos d’anciens professeurs de l’Université, j’ai eu un entretien avec Michel sur l’organisation de la chimie durant les années 60-80. À cette occasion, il évoqua encore avec fougue les relations qu’il avait eues avec certains collègues et l’École de chimie.

Lors de l’une de nos dernières rencontres, Michel m’a dit : « Je n’ai pas peur de la mort. Je suis prêt ». Michel est décédé le 12 septembre dans sa 87e année après une vie professionnelle fructueuse et passionnante. Il nous a quittés sereinement, en homme heureux.

Merci Michel, pour tout ce que tu nous as apporté !

Jean-Pierre SAWERYSYN

16 septembre 2013
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