Multicolonnage en FLOAT 04
ASAP Lille [() Pour activer le formulaire des langues au lieu du menu, d?commenter le bloc qui suit - preferable pour les sites avec beaucoup de langues
ASAP - Universite´ Lille
Association de Solidarite´ des Anciens Personnels
de l'Universite´ de Lille

Entretien avec Jean-Paul BRASSELET

mardi 23 novembre 2021 par Marie-Thérèse POURPRIX

 

BRASSELET Jean-Paul

Résumé de l’entretien avec Jean-Paul BRASSELET

L’entretien a été réalisé le 7 juin 2021 par Bernard et Marie-Thérèse Pourprix.

Jean-Paul Brasselet a fait ses études à Lille. Brillant élève en DEA, remarqué par Pham Mau Quan et Marie-Hélène Schwartz (1913-2013), il devient assistant. Dès lors sa carrière sera intimement mêlée à celle de Marie-Hélène Schwartz (MHS). Il publie très rapidement et passe sous sa direction une thèse de troisième cycle sur les variétés analytiques complexes en 1969. MHS ne trouve rien de mieux qu’Henri Cartan (1904-2008) pour l’encadrement de sa thèse d’Etat qu’il soutient en 1977. JPB est l’avant-dernier élève de Cartan. Si JPB bénéficie de ce fameux coup de pouce, il s’avère rapidement que MHS ne s’est pas trompée sur l’élève. En effet, elle avait fait une note passée inaperçue au CRAS en 1965 (la date de parution de cette note étant curieusement celle des 20 ans de JPB). C’est alors que, trois ans plus tard, en 1968, Grothendieck et Deligne émettent une conjecture sur les classes de variétés algébriques. Or, celle-ci s’avère avoir été démontrée pour la première fois dans cette fameuse note de 1965. C’est ce que JPB et MHS mettent en évidence après que Robert MacPherson a donné, en 1974, une autre preuve de cette conjecture. Il est rare qu’une conjecture de ce niveau soit démontrée avant d’être émise.

Pour des raisons familiales, JPB est professeur à Lille jusqu’en 1991. Il est un pilier de l’URA qui se construit autour de la géométrie. Son rôle est crucial pour le financement par le CNRS de la bibliothèque de mathématiques. Marcos Sebastiani, spécialiste de la théorie des catastrophes, lui a proposé son deuxième sujet de thèse. La collaboration des deux amis sera ponctuée par de nombreux séjours dans les universités brésiliennes de JPB. Dans le cadre d’accords entre Lille 1 et Lille 3, JPB soulève l’intérêt de collègues de Lille 3 et Lille 2 en introduisant la théorie des catastrophes dans l’enseignement de psychologie, bouleversant des approches traditionnelles et remettant en cause certains résultats.

L’intérêt de l’interview repose aussi sur l’exposé des méthodes de travail de JPB comme étudiant de MHS, comme enseignant, puis comme directeur d’une multitude de thèses à Lille puis à Marseille. JPB dresse un portrait de MHS emprunt de respect, d’admiration et d’affection. Celle-ci a les idées foisonnantes, esquissées souvent dans des phrases qui se bousculent. Aussi, sur fond de misogynie de l’époque, il arrive qu’elle soit incomprise. JPB y décèlera tout de suite une intelligence et un terreau on ne peut plus stimulants. L’évocation du travail hebdomadaire avec Cartan et des exigences du maître lors de la préparation de la thèse est de même un morceau d’histoire de la sociologie des mathématiques dans des circonstances où JPB, rare grand mathématicien non sorti d’une ENS, arrive à faire sa place.

JPB rapporte aussi des anecdotes sur mai 1968 à Lille, sur les conseils d’UFR et les conseils scientifiques de Lille 1 où il participe. De façon savoureuse il raconte aussi comment la SNCF est venue chercher des géomètres à Lille 1 puis à l’UFR de math pour le tracé de la ligne TGV Paris-Lille-Londres. Il s’agissait d’éviter une gare TGV hors de Lille, un tracé avec tunnel souterrain s’avérant trop coûteux. Le logiciel de tracé de courbes en zone urbaine qu’il élabore avec Carlos Sacré et Patrick Van Ingelandt est le premier logiciel utilisé par la SNCF.

Le succès du grand colloque sur les singularités qu’il organise à Lille en 1991, et dont il édite les Actes aux Cambridge University Press, fait connaître ses talents d’organisateur et ses capacités de travail. Sur incitation pressante de Jean-Pierre Bourguignon, il est nommé en 1991 directeur du CIRM (Centre international de rencontres mathématiques) de Luminy pour quatre ans et renouvelé ensuite. Un seul autre centre international existe à l’époque, en Allemagne. A Marseille, JPB réussit à fédérer les équipes de mathématiques des trois universités en une équipe CNRS autour de la géométrie. Il y organise de multiples rencontres et congrès sur les singularités qui se déroulent aussi au Brésil, au Mexique, au Japon, en Pologne. Actuellement directeur de recherche émérite du CNRS, ses interventions dans ces pays sont incessantes.

Marie-Thérèse Pourprix

Retour à l’ensemble des résumés


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 4 / 442766

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site 09- Histoire et Mémoire   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.11 + AHUNTSIC

Creative Commons License